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Blog collaboratif du M2 DSI de l'IUFM d'Aquitaine

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Google Books et les problèmes de droit d’auteur

Google Livres ou Google Books en anglais, permet aux internautes d’accéder à des livres numérisés. En décembre 2004, Google a annoncé le début de la numérisation des livres sur son service, qui s’appelait alors Google print. Ces livres proviennent de différentes universités américaines. Google les numérise et les diffuse. Mais pour les utilisateurs situés en dehors des États-Unis, il est difficile de trouver l’intégralité des documents, des livres imprimés entre 1839 et 1922. En 2010, Google compte pas moins de 15 millions de livres numérisés dans une bibliothèque virtuelle. Jusqu’en 2010, de nombreux accords de numérisation ont été signés avec une quarantaine de bibliothèques. En Europe, elles sont 8 dont la bibliothèque municipale de Lyon ou encore la bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne. L’état italien a également signé un accord avec Google ainsi que la Bibliothèque nationale d’Autriche ou la Bibliothèque Royale des Pays-Bas.

Le cas de Google Book amène le problème des droits d’auteur comme le démontre l’actualité avec les différents procès intentés par des maisons d’éditions.

Les exemples d’attaque en justice contre Google sont nombreux. La mise en œuvre en 2005 du projet de numérisation de millions de livres par Google pour la constitution d’une bibliothèque virtuelle a provoqué de nombreuses réactions de la part des maisons d’édition.

Ainsi, dès 2006, le groupe La Martinière portait plainte contre Google pour contrefaçon et atteinte au droit de la propriété intellectuelle. En clair, Google est accusé d’avoir numérisé sans autorisation des ouvrages publiés par les maisons le Seuil, Delachaux et Niestlé en Suisse et Abrams aux États-Unis. 2009 a vu une condamnation de Google par la justice française. 300 000 euros de dommages et intérêts devaient ainsi être reversés par Google.

Il a fallu attendre l’année 2011 pour voir un accord conclu entre La Martinière et Google. La firme aura le droit de numériser sur Google Book les publications qui ne sont plus disponibles à la vente mais encore soumises au droit d’auteur. De cette façon, le groupe La Martinière garde le contrôle sur les ouvrages qui se verront numérisés et peut, s’il le souhaite, demander le retrait d’un livre du service Google. Il est notable également que si l’éditeur le souhaite, le livre pourra être vendu sur Google Book. Pour cela, un contrat définit une rémunération pour l’auteur et l’éditeur. La Martinière a donc trouvé une façon de «gérer» Google Book par cet accord signé mais il existe d’autres maisons d’édition en procès contre Google et qui n’arrivent pas à «se mettre d’accord».

Flammarion, Albin Michel ou encore Gallimard (qui d’ailleurs a intenté un procès contre Google en 2010) sont autant d’exemples qui montrent encore que Google Book n’arrive pas à convaincre tout le monde et ne fait pas l’unanimité quant à son projet de bibliothèque virtuelle. Ces trois maisons d’édition citées reprochent d’avoir numérisé avec abus environ 9 800 livres. Pour cela, ils lui réclament 9,8 millions de dommages et intérêts. Cependant en 2011, l’affaire semble être au point mort et les trois maisons d’éditions ont cessé leurs poursuites.

Les intérêts des éditions françaises sont défendus. A ce niveau, on peut citer deux « organismes » que sont le SNE (syndicat national de l’édition), association syndicale professionnelle qui regroupe 580 maisons d’édition et qui représente la profession auprès de la Fédération des éditeurs européens (FEE),et de l’Union internationale des éditeurs (UIE); et la SGDL (Société des Gens de Lettres) qui défend le droit moral, les intérêts patrimoniaux et le statut juridique et social de tous les auteurs de l’écrit. Cette dernière propose un service de protection des œuvres sous toutes leurs formes.

Le projet de numérisation de Google suscite bien des débats et le projet Gallica de la BNF (bibliothèque nationale de France) montre bien que la numérisation peut se faire en respectant les droits d’auteur. Un projet de numérisation partielle avec Google a été envisagé en 2009 mais celle-ci a été arrêtée suite aux critiques formulées par l’ancien président de la BnF : Jean-Noël Jeannerey.

Tout ceci montre bien que la numérisation du patrimoine littéraire français suscite toujours autant de questions et le Sénat s’est penché sur ce cas. Le rapport d’information de la commission des finances du Sénat n° 338 2010, intitulé : « La politique du livre face au défi du numérique » soulève toutes les questions relatives à l’économie du livre et la numérisation.

ajuzan   et    Jennifer






La curation

La curation a fait l’objet d’un débat au cours de ces derniers mois en ce qui concerne le droit d’auteur.

La curation c’est quoi ?

Dénomination récemment utilisée pour une pratique ancienne  (la notion de partage existant déjà), la curation consiste à sélectionner, éditorialiser et partager des contenus sur le web. Cette pratique de partage de contenu s’inscrit dans  l’évolution du web communautaire et sémantique.

Le terme de curation provient de l’anglais curator qui désigne le spécialiste de la gestion des contenus et des collections (l’équivalent de « conservateur »).

La curation ou curation digitale recouvre un principe en trois étapes :

  1. sélectionner (réunir des contenus autour d’une même thématique), cette étape peut se faire de deux manières différentes automatique ou manuelle.
  2. l’éditorialisation (structuration des contenus) : elle consiste à mettre en valeur et en contexte le contenu.
  3. le partage : mettre à disposition les contenus via une plateforme de diffusion.

 Qui sont  les curators ?

Selon Patrice Lamothe, fondateur de Pearltrees, tout le monde peut être un curateur du moment qu’il a une passion. Que vous soyez journaliste web, documentaliste, archiviste du net, blogueur ou même amateur  vous pouvez devenir curateur d’un sujet qui vous passionne.

Curator et veilleur quelle différence ?

La question peut se poser  car leurs tâches se rapprochent.  En effet, tout deux collectent, trient, analysent et diffusent les informations. Un veilleur, peut parfois utiliser des plateformes dédiées afin de mettre à disposition des utilisateurs les informations sélectionnées.

C’est en terme de traitement de l’information que la différence se fait. Un veilleur doit répondre à une demande particulière, il diffuse toute information susceptible d’être utile à son entreprise. Le curator choisit une thématique qui l’intéresse, et partage les informations, qui lui paraissent intéressantes, avec une communauté. La curation apporte une valeur ajoutée à la diffusion de l’information issue de la veille, quels que soient les objectifs de cette veille, ce que souligne Xavier de Mazenod dans son article La curation, vous n’y échapperez pas en 2011  « Sélectionner les sources et les contenus pertinents sur un sujet, les synthétiser et les éditorialiser est un travail à forte valeur ajoutée, à la frontière du journalisme, de la documentation, du knowledge management et de la veille. »

Aujourd’hui, on parle de la curation comme le  « chaînon manquant l’entreprise 2.0« . Le curator pourrait donc bien se trouver une place au sein des entreprises.

 La curation quels outils ?

On qualifie ces outils de plateformes de curation, cependant, utiliser le terme de Silvère Mercier dispositifs éditoriaux de médiation numérique apporte une dimension plus professionnelle et moins gadget. Le site de CaddeReputation  en regroupe 20 et en décrit leur principales fonctionnalités. Le site pro.01net.com propose grand comparatif dans un dossier complet sur la curation.

Pour ma part, j’ai testé Scoop.it et Pearltrees. Ce sont deux plateformes  intéressantes mais je garde une préférence pour Pearltrees.

Considérée à la fois comme une plateforme de curation et un site de bookmarking graphique, le concept de Pearltrees est d’organiser et relier des contenus du web de manière thématique sous forme de carte heuristique. De plus, Pearltrees offre un avantage qui est celui du travail collaboratif.

Le principe de Scoop.it est différent, l’utilisateur crée un topic (page thématique) dans lequel il va mettre des liens vers les pages web qui l’intéressent. Les contenus apparaissent sous la forme d’une page dédiée qui sera mise à jour par l’utilisateur lui-même. Scoop.it permet également de pouvoir lier des comptes Twitter, Facebook, LinkedIn, Google+, Trumblr et WordPress. Les articles sont disposés de manière verticale ce qui rend  la plateforme moins attractive.

 La curation fait débat :

La curation fait l’objet d’un débat.

Les uns lui attribuent divers avantages (d’après l’article de wikipédia) qui ne sont pas à ignorer. Dans une société numérique de l’abondance informationnelle, la curation facilite l’accès à l’information par une organisation thématique  et fait émerger des contenus parfois ignorés ou peu accessibles depuis un moteur de recherche. Enfin elle permet de se forger une identité numérique sur le web.

Les autres dénoncent  cette pratique comme relevant du pillage du web, une violation du droit d’auteur comme on peut le lire dans l’article virulent de Frédéric Martinet La curation c’est de la merde. A la question du droit d’auteur, je vous renvoie à l’article de Lionel Maurel Propulsion, Curation, Partage…et le droit d’auteur dans tout ça ?  qui traite du droit d’auteur et du partage de sources sur internet via les boutons de partage, la propulsion et des plateformes de curation tels que scoop.it.

Bien que la loi ne soit pas encore adaptée à ce nouveau type de pratique, Lionel Maurel rappelle que les Licences Creative Commons sont une solution pour faciliter le partage et la protection des contenus.

Si vous souhaitez en savoir d’avantage sur la question de la curation :

Conférence Curation : l’avenir du web ?

Scoop.it un outil de curation par Jacquelline Valladon

Pearltree Curation dans lequel j’ai réuni des sources autour de la curation qui m’ont servi pour rédiger cet article.

Tout savoir sur la curation et le curator Dossier pro.01.net

Je remercie @alehmans et @marieleco pour leur aide.

@HlneG

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