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Blog collaboratif du M2 DSI de l'IUFM d'Aquitaine

Archives de Catégorie: Education aux médias

Des images au CDI !

Du 19 au 24 mars 2012 avait lieu pour la vingt-troisième fois la Semaine de la presse et des médias dans l’école, organisée par le Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information, dont le thème était « Des images pour informer ».

23ème Semaine de la presse et des médias dans l'école

En effet, notre société se définit comme une société de l’information où les médias, notamment la télévision et Internet, sont omniprésents et diffusent une multitude d’images. Les images dont la mission est d’informer l’usager se distinguent des images publicitaires et des images faites pour divertir. En ce qui concerne la presse écrite, de nombreuses photographies et de nombreux dessins mobilisent l’attention du lecteur. Mais d’autres images illustrent sans informer.

Comment le professeur documentaliste peut-il enseigner l’importance des images d’information à la télévision et dans la presse écrite ?

A l’occasion de cette semaine de la presse et des médias, le professeur documentaliste de l’établissement m’a délégué la fonction de sa profession durant ma période de stage. En partenariat avec le professeur d’histoire, nous avons organisé une séquence pédagogique en lien avec le thème de la Semaine de la presse et des médias dans l’école. Au sein du Centre de Documentation et d’Information du collège, nous avons fait étudier à une classe entière d’élèves de quatrième le fonctionnement de l’information télévisée et des images dans la presse, en lien disciplinaire avec l’éducation civique. Au préalable, nous avons enregistré de brèves séquences de journaux télévisés. Nous nous sommes servis du vidéoprojecteur du CDI pour diffuser nos extraits parce que ce type de matériel favorise la transmission collective de l’image, contrairement au téléviseur de l’établissement dont l’écran est trop petit pour un visionnage efficace des extraits avec une classe entière d’élèves.

Les objectifs de la séquence :

Objectifs en éducation civique :

  • Au niveau des images télévisuelles :

–          Définir ce qu’est l’information à la télévision en particulier le flot d’informations, appréhender le choc des images.

–          Savoir effectuer l’analyse générale d’un journal télévisé.

–          Savoir se repérer dans un journal télévisé.

  • Au niveau des images d’information dans la presse écrite :

– Savoir identifier les genres d’images utilisés dans la presse écrite et leur rôle dans la rubrique.

Objectifs info-documentaires :

–          Savoir respecter des consignes.

–          Etre critique face à l’information.

–          Sélectionner les images informatives.

–          Développer sa persévérance.

–          Avoir conscience de la nécessité de s’impliquer, de rechercher des occasions d’apprendre.

–          Savoir citer ses sources d’information et identifier l’origine d’une image.

Le déroulement de la séquence :

Il s’agit d’une séquence de cinq heures, programmée du mercredi 21 mars au vendredi 23 mars 2012, exposée en classe entière, avec pour intervenants le professeur d’histoire et le professeur documentaliste du collège.

Heure 1 : Mercredi 21 mars de 10 heures à 11 heures :

L’introduction a été faite par le professeur d’histoire parce que la séquence s’inscrit dans le cadre de l’éducation civique. L’une des grandes notions du programme de quatrième dans cette matière, la liberté, a pu être abordée par rapport aux lois sur la liberté de la presse, depuis 1881, et par rapport au fait que depuis 1982 il n’y a plus de monopole d’Etat sur la radio et la télévision.

Modalité : cours magistral.

Ensuite, c’est le professeur documentaliste qui s’est chargé d’exposer les différentes images dans la presse écrite : les images d’information mais aussi les images illustratives, les images prétexte, les dessins de presse, les caricatures…

Modalité : cours dialogué.

Heure 2 : Mercredi 21 mars de 11 heures à 12 heures :

Nous avons montré à la classe une séquence d’un journal télévisé dans le but de définir la spécificité de l’information télévisée.

Ensuite, nous avons distribué aux élèves des journaux, des quotidiens nationaux, régionaux et départementaux. Par groupe de deux ou trois, ils ont découpé toutes les images présentes dans le journal en notant au fur et à mesure leurs sources d’information sur le tableau bibliographique que nous leur avons distribué. Pour prendre conscience de la variété des images publiées et de leurs rôles, la plupart des élèves ont établi au brouillon plusieurs classements selon les types d’images, leurs tailles, les sujets, les couleurs…

Heure 3 et 4 : Jeudi 22 mars de 10 heures à 12 heures : Exercice :

Les élèves se sont mis par groupe de deux ou trois et ont répondu au questionnaire suivant :

Fiche élève :

NOM :                                                                                                          Prénom :

Classe :

L’information télévisée :

Analyse des images télévisuelles :

Que montrent les images de l’événement lui-même ?

…………………………………………………………………………………………………….

Qu’est-ce qu’on ne voit pas de cet événement ? Pourquoi ?

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Qui a tourné les images ? A quel moment par rapport à l’événement ?

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Qui a fait le choix des images montrées ?

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Quelles sont les images autres que celles de l’événement lui-même ?

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Certaines images créent-elles une émotion particulière ?

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Les sources de l’information sont-elles mentionnées ? Quand ? Sous quelle forme ?

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Analyse du présentateur :

A quel moment le présentateur intervient-il ?

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Dans quel décor apparaît-il ?

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Les commentaires sont-ils tous du présentateur ?

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Qu’apportent-ils de plus que les images ?

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Les images d’information dans la presse écrite :

Choisissez deux ou trois images maximum parmi celles que vous avez découpées dans les journaux qu’on vous a distribués.

Quel est le type d’image présenté ici (photographies, schémas, dessins, BD…) ?

Image 1 :…………………………………………………………………………………………

Image 2 :…………………………………………………………………………………………

Image 3 : …………………………………………………………………………………………

Y-a-t-il davantage d’images publicitaires ou d’images d’information dans ce journal ?

…………………………………………………………………………………………………

Quelle information l’image apporte-t-elle ?

Image 1 :…………………………………………………………………………………………

Image 2 :…………………………………………………………………………………………

Image 3 : …………………………………………………………………………………………

Est-elle descriptive d’une situation ? Symbolique ? Ou publicitaire ?

Image 1 :…………………………………………………………………………………………

Image 2 :…………………………………………………………………………………………

Image 3 : …………………………………………………………………………………………

L’image crée-t-elle de l’émotion ?

Image 1 :…………………………………………………………………………………………

Image 2 :…………………………………………………………………………………………

Image 3 : …………………………………………………………………………………………

L’image est-elle complémentaire du texte ?

Image 1 :…………………………………………………………………………………………

Image 2 :…………………………………………………………………………………………

Image 3 : …………………………………………………………………………………………

L’image est-elle une simple illustration dans la page ?

Image 1 :…………………………………………………………………………………………

Image 2 :…………………………………………………………………………………………

Image 3 : …………………………………………………………………………………………

Bibliographie : je cite mes sources d’information

Pour la presse écrite : Relever les titres des différents journaux, leur périodicité, les dates de parution des articles.

Sources des articles de presse :

Auteur Titre de l’article Titre du journal Date de parution Pagination de l’article Rubrique où se trouve l’image Crédit photo (si existant)

A la fin de la quatrième heure, le professeur d’histoire et moi avons ramassé les questionnaires des élèves.

Heure 5 : le vendredi 23 mars 2012 de 10 heures à 11 heures : Correction du questionnaire par les professeurs d’histoire et de documentation puis bilan sur l’activité : d’une manière générale, ce sont les images fortes, qui font appel à la sensibilité, qu’on retient.

 

L’évaluation de la séquence :

Il s’agit d’une évaluation sommative finale sur le questionnaire rendu par les élèves : le professeur d’histoire a évalué ce questionnaire tandis que j’ai corrigé les bibliographies des élèves qui, au niveau quatrième, ont encore du mal à citer leurs sources d’informations. Une fois les notes établies, nous avons rendu les questionnaires corrigés aux élèves.

Bibliographie et sitographie :

◊ CLEMI de l’académie de Bordeaux, Parcours médias au collège : approches disciplinaires et transdisciplinaires, Bordeaux, Centre régional de documentation pédagogique d’Aquitaine, 2003, 167 p.

◊ Le site du CLEMI, opérateur de l’éducation aux médias :

● Le Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information, [consulté le 29/10/2012], Semaine de la Presse et des médias dans l’école, site du CLEMI, adresse URL : http://www.clemi.org/fr/spme/medias.

● Le Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information, [consulté le 27/11/2012], Ressources pour la classe, site du CLEMI, adresse URL : http://www.clemi.org/fr/centre-de-documentation/infodoc/.

◊ Source de l’image  :

La 23ème Semaine de la presse et des médias dans l’école, dessin de Vincent Caut, [consulté le 27/05/2012], mise en ligne en octobre 2011, adresse URL : http://www.weka.fr/actualite/education-thematique_7847/23eme-semaine-de-la-presse-et-des-medias-dans-l-ecole-article_66411/.

Journée sur l’ère du numérique

Compte-rendu de la journée du 14/12/2011 sur l’ère du numérique:  Les 2èmes rencontres « Au doigt et à l’œil »: De l’intelligence plein les doigts

Les 2èmes rencontres

Cette journée consacrée à l’École à l’heure des écrans proposait des interventions, des tables rondes autour d’une question et des visites aux espaces de démonstration d’usages et d’échanges avec les intervenants.

 Introduction:

            Le tactile et le numérique font partie de nos vies et de notre quotidien. Déjà, en 1983, Samuel Pisar, dans La Ressource humaine[1],  constatait la réussite croissante des NTIC. Aujourd’hui, nous passons clairement d’une culture du texte à une culture de l’image. L’intelligence visuelle représente environ 200 milliard d’euros du budget de l’État français. La FING[2] se mobilise sur la question des technologies futures. En 2030-2040, les nanosciences et les nanotechnologies feront-elles partie du quotidien? En attendant le développement de ces jeunes disciplines, le numérique demande l’attention de tous et obtient surtout du succès chez les jeunes qui savent souvent se servir des micro-ordinateurs. Par exemple, 80 % d’entre eux, âgés de 18 à 25 ans, possèdent un téléphone portable. D’ailleurs, cette familiarité entre les jeunes et le numérique n’a rien d’étonnant puisque les établissements scolaires sont de plus en plus équipés au numérique.

Mais le numérique pour le numérique et la mode n’apporte rien. Il doit servir à aider à comprendre le monde qui nous entoure.

1- La mise en scène digitale des savoirs I: préludes et coulisses

A- Tactiles et « sans contacts »: les usages incontournables

Les interfaces sont des dispositifs qui permettent les échanges et les interactions entre différents acteurs, entre humains et machines. L’idéal est de pouvoir se connecter à Internet presque n’importe où dans le monde avec une interaction entre les supports, une reconnaissance d’image et de vidéo… On parle alors de « réalité augmentée », c’est-à-dire de systèmes informatiques qui rendent possibles la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité. Cette réalité peut se traduire par des jeux, comme par exemple ARG (Alternate Reality Game) qui entretient volontairement le flou entre les expériences perçues lors du jeu et celles perçues hors du jeu.

En effet, le numérique doit présenter des aspects ludiques avec le recours à la « gamification ». Aujourd’hui, la mécanique du jeu vidéo gagne de nombreux services qui n’ont rien à voir avec le jeu. Le public se diversifie puisqu’il varie entre 15 ans à 44 ans. Certains jeux relèvent de la simulation sociale, comme Sim Agri qui est un jeu de simulation d’agricole et d’élevage, d’autres jouent sur la récompense qui se gagne selon le mérite de l’amateur, ce qui est le cas du jeu Badgeville… La réalité augmentée est scénarisée à travers des appareils médias. L’aspect ludique du numérique est un domaine exigeant en termes de performances techniques et ergonomique.

B- Re-Faire l’école

Comment comprendre la matrice invisible de la société des savoirs pour les enseignants et les élèves ? La technologie peut-elle améliorer l’éducation ? Les résultats scolaires ne semblent pourtant pas aller dans ce sens. Lors d’un cours, la technologie utilisée ne reste qu’un support, ce qui importe, c’est le processus que l’élève utilise pour apprendre. L’écrivain américain Howard Rheingold[3] se demande comment capter l’attention des élèves dans la classe sans enlever les outils numériques. L’attention est une compétence qui doit être apprise et mise en forme. Les différents supports numériques peuvent motiver l’élève. Shalman Khan explique comment les données peuvent être un outil pour améliorer l’éducation. Par exemple, avec Twitter, les élèves suivent un cours différemment. Ils deviennent totalement des acteurs du cours au lieu d’être des consommateurs passifs. La technologie est ici un moyen de renforcer la sociabilité et la participation. Internet peut être vu comme une immense boîte à outil. On parle d’Internet social.

D’ailleurs, un fossé sépare le domaine juridique des pratiques courantes faites par les citoyens. Par exemple, le réseau social Facebook est normalement interdit au moins de treize ans. Pourtant, cette loi n’est pas respectée et, parfois, certains parents aident leurs enfants de moins de treize ans à s’inscrire sur Facebook. On voit clairement que ceux qui ont mis cette loi en place ne pensaient pas que l’échange de données dans notre société deviendrait un fait aussi important.

Le problème ici est la fracture scolaire, ou la fracture numérique, qui se crée entre les élèves qui peuvent utiliser le numérique et ceux qui n’en n’ont pas la possibilité. En fournissant le matériel numérique nécessaire, l’école devrait pouvoir réduire cette inégalité.

2- La mise en scène digitale des savoirs II: productions et scénarios

A- L’intelligence collective partagée

L’intelligence collective désigne les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre ses membres. Ce concept n’est pas nouveau. Autrefois, les Anciens parlaient de « tradition ». Avec la Déclaration de l’Homme et du Citoyen, on parle d’une « conscience collective ». Avec le numérique apparaît le concept de « curation de contenu », qui est nécessaire pour faciliter l’accès aux informations puisqu’il s’agit de sélectionner, d’éditorialiser et de partager les contenus les plus pertinents du Web sur un sujet donné. Or, choisir des contenus relève de la subjectivité humaine.

Pour enseigner, la curation ne suffit pas. Il faut accompagner l’élève. Pour cela, de nombreux sites permettent aux enseignants d’utiliser au mieux le web et la richesse de ses ressources pour la classe, tel que Jog The Web… Le CLEMI[4] veille à la diffusion de journaux scolaires faits par des élèves, comme Scoop.it par exemple. L’actualité internationale et nationale se mêle aux événements de l’établissement et à la vie personnelle de l’élève. Nombre d’entre eux utilisent les réseaux sociaux que l’enseignant peut aussi utiliser pour donner envie aux étudiants de produire de l’information. L’étudiant doit savoir se servir d’un ENT, ou Environnement Numérique de Travail, et de twitter, qui est un outil de réseau social plus neutre que Facebook. Le blog WordPress permet à chaque étudiant d’être un rédacteur expert dans sa catégorie de veille ou d’écrire des articles sur ce qui l’intéresse.

B- La mise en scène des médiations culturelles

Les outils numériques permettent une appropriation différente des espaces publics. Le médiateur doit éveiller chez l’utilisateur le désir de ces outils. Le problème est que les applications 3D courantes sont surtout réservées aux experts et aux professionnels. L’AFRV[5] et l’équipe Potioc, avec Martin Hachet, tentent de concevoir des interfaces utilisateurs 3D pertinentes et s’adressant au grand public avec de nouvelles interfaces, donc de nouvelles approches, dans un contexte spatial 3D. L’objectif est que l’interaction avec les mondes numériques soit la plus facile et la plus crédible possible. Martin Hachet cite ainsi l’exemple du programme Toucheo actuellement en test à Cap sciences et qui permet de manipuler un objet archéologique en 3D pour mieux le comprendre. Son autre objectif pour un futur un peu plus lointain est de lancer les interfaces cerveaux-ordinateurs qui explorent de nouvelles façons d’interagir à travers la mesure de l’activité cérébrale pour se déplacer, manipuler des objets dans un monde numérique en 3 dimensions.

C- L’entrée des artistes numériques

Un artiste numérique travaille avec les NTIC. Il construit des visuels en 3D propices à des installations vidéo à base d’images numériques créant des atmosphères singulières dans des lieux d’éducation. On retrouve l’idée que Le Vieux Monde s’oppose au Nouveau Monde. Le 20 ème siècle, souvent vu comme un siècle de destruction avec les deux guerres mondiales, laisse la place au 21 ème siècle, qui, espérons-le, sera un siècle de création par le biais du numérique. Pour l’instant, de nombreux espaces restent inadaptés pour accueillir des créations numériques. Heureusement, certains dispositifs, comme l’Artothèque du Conseil Général de la Gironde, mettent en place des galeries visuelles et des espaces de travail adaptés aux œuvres numériques. Certains artistes peuvent alors y travailler les mouvements grâce aux avatars, des corps virtuels, des apparences qu’un usager peut prendre dans les mondes virtuels…

3- L’entrée en scène des acteurs des territoires numériques

L’évolution du numérique touche toute la société. Aujourd’hui, dans le monde, près de deux milliards de personnes utilisent Internet. Peut-être même que dans un futur proche, les terminaux mobiles permettront d’utiliser des images animées mais aussi des ouvrages ? Cela commence déjà à se pratiquer. A l’école, il sera impossible de contourner les technologies numériques. L’élève devra apprendre à y maîtriser les outils numériques pour savoir assumer son identité numérique, sa « e-réputation », puisque la première consommation de l’Internet se joue sur les réseaux sociaux, bien avant les moteurs de recherche. L’expérience des usagers est très importante et modélise les futures pratiques de l’Internet. Il ne s’agit pas d’une technologie faite par des ingénieurs pour des ingénieurs. D’ailleurs, seuls des outils simples et ergonomiques se développent. L’usager citoyen a besoin d’un accompagnement. L’école est comme un prescripteur et un médiateur des dispositifs numériques. Les outils doivent s’adapter à l’usager.

Conclusion: Le final: Analyses et prospectives

       Les réseaux sociaux posent des questions extérieures à l’école. Avec le web 2.0, la quantité d’informations sur Internet explose, tous les savoirs du monde s’accumulent et sont accessibles. Une éducation numérique doit permettre à l’usager de trouver l’information la plus pertinente, d’être un « info-lettré ».


[1]PISAR, Samuel, La ressource humaine, Paris, éditions Jean-Claude Lattès, 1983, 352 p.

[2]Fondation Internet Nouvelle Génération

[3]Dans son livre La réalité virtuelle, Paris, Dunod, 1993, 413 p.

[4]Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information

[5]Association Française de Réalité Virtuelle, augmentée, mixte et d’interaction 3D

Un kit pour éduquer aux médias (UNESCO 2006)

L’éducation aux médias

Un kit à l’intention des enseignants, des élèves, des parents et des professionnels (UNESCO 2006).

       Divina Frau-Meigs propose ce kit pour qualifier à la fois les moyens d’éduquer aux médias et s’éduquer aux médias. Le kit est en grande partie le produit du projet MENTOR lancé par l’UNESCO avec le soutien de la Commission européenne.

Le kit propose un prototype de programme d’éducation aux médias pour la qualification de base des enseignants du secondaire, mais son approche modulaire et ses concepts-clé (productions, langages, représentations, publics) s’adressent également aux adultes hors système scolaire, aussi bien aux parents, aux professionnels des médias qu’aux décideurs. Le kit comprend des manuels à l’intention des enseignants, des élèves et des parents, ainsi qu’un manuel des relations éthiques avec les professionnels et un manuel de maîtrise de l’Internet.

Les objectifs de ce kit est de donner les bases solides et durables pour une éducation aux médias, de proposer des documents-cadres sous la formes de manuels, pour aider ceux qui veulent développer l’éducation aux médias. Il propose également d’aider à la formation en proposant des modules de formation initiale et de formation continue à l’intention des enseignants mais aussi en dehors de l’école. Le but étant de sensibiliser tous les acteurs au fait que l’éducation aux médias est un élément fondamentale d’une pédagogie de la démocratie qui permettrait à l’école de retrouver sa mission du citoyen sachant lire, écrire, compter et communiquer.

I) Le programme d’enseignement modulaire :

Le but est de créer un programme d’enseignement d’éducation aux médias que l’on puisse appliquer dans l’ensemble des pays d’une région. Ce programme peut être orienté sur deux niveaux : un niveau initial général qui examine les connaissances de base et les méthodes pédagogiques liées à l’éducation aux médias, et un niveau avancé qui associe l’éducation aux médias et ses stratégies pédagogiques dans des séquences de cours de disciplines.

Ce programme se base sur une série de six modules considérés comme le socle fondamental, chaque module exige un volume de 12 heures d’enseignement.

1) L’éducation aux médias dans les écoles :

Les élèves peuvent choisir leur discipline de spécialité au cours du secondaire, on constate une demande qui augmente pour les cours d’éducation aux médias. Cette spécialité porte sur l’ensemble des médias, et offre une expérience pour l’éducation aux médias. On considère encore dans certain établissements que les études sur l’éducation aux médias est une « option facile ».

Les enseignants se servent des médias comme outils d’ « auxiliaires pédagogiques », cela permet aux élèves d’adopter une attitude critique face aux médias, de les utiliser d’une manière plus informée. Ils permettent également aux élèves de travailler sous une nouvelle forme, c’est une «  nouvelle méthode d’apprentissage ». Cependant on ne doit pas confondre un enseignement qui étudie les médias et un enseignement sui fait usages des médias.

2) L’éducation aux médias et les TIC :

Il est impossible de proposer un enseignement sur les médias sans prendre en compte le rôle d’Internet. Il est de plus en plus facile d’avoir accès à la manipulation d’images numériques et au montage numérique. Les nouvelles technologies remettent en cause les limites du domaine des « médias » considéré comme discipline autonome du programme. Les cultures numériques constituent des sites d’apprentissages. L’usage des ordinateurs ou d’internet mobilise le processus d’apprentissage informel Les enfants apprennent a se servir des médias par essais, par erreurs, par exploration, par expérimentation ou par jeu. Les TIC remettent en cause les notions d’apprentissage et d’enseignement.

3) L’éducation aux médias hors écoles :

Le potentiel d’apprentissage montre un grand intérêt au delà de la salle de classe. Aux Etats-Unis, les ressources documentaires doivent être libres d’accès et mises à disposition des individus. Les centres de médias communautaires offrent la possibilité d’avoir un accès aux médias à ceux qui ne peuvent pas.

Il existe des documents qui sont destinés aux parents et qui leur prodiguent des conseils sur l’éducation aux médias. Des documents de vulgarisation sont également donnés aux parents ainsi que des stratégies pour que les enfants passent moins de temps devant la télé et pour leur apprendre à décrypter les messages publicitaires. Bien évidemment, toutes les initiatives pédagogiques à l’intention des parents se doivent de prendre en compte les différences culturelles.

4) Une stratégie de développement :

Toute intervention dans l’éducation aux médias doit prendre en compte les facteurs qui sont en jeu : il est nécessaire de disposer de documents-cadres clairs, cohérents et qui fassent autorité. On peut ajouter une présentation de documents plus spécifique qui expose la progression de l’apprentissage, des résultats sur celle-ci ainsi que des critères d’évaluations. Les documents-cadres sont sans valeur si du personnels formé n’est pas là pour les appliquer. Il est clair que les parents jouent un rôle essentiel. L’éducation aux médias consiste à mettre à disposition des élèves des équipements. Les documents pédagogiques peuvent avoir une certaine longévité s’ils sont faits avec soins et de manière professionnelle. Les enseignants et les parents doivent avoir la possibilité d’échanger des ressources, de partager des expériences et de collaborer entre eux.

II) Manuel à destination des enseignants :

Ce manuel explique en quoi consiste l’éducation aux médias, en retraçant l’évolution historique et en proposant une définition autour de quatre concept-clé qui la production, les langages, les représentations et les publics. Différentes approches pratiques et pédagogiques sont proposées afin d’encourager les élèves à se former un esprit critique et créatif.

Ce manuel est doté de trois sections : une première section pour présenter les raisons d’une introduction de l’éducation aux médias avec un historique, une deuxième pour définir l’éducation aux médias et enfin une troisième section pour présenter différentes approches pratiques dans l’enseignement et l’acquisition de connaissances concernant les médias.

III) Manuel à l’intention des élèves :

Ce manuel permet d’encourager les élèves à s’interroger sur les médias et à bien comprendre leur fonctionnement. Il propose une définition des médias ainsi qu’une définition de l’éducation aux médias. Ce manuel donne également des conseils pour en savoir plus sur les médias comme par exemple de lire les magasines spécialisés dans les médias ou encore d’aller sur internet pour découvrir des sites sur les médias.

IV) Manuel à l’intention des parents :

Ce manuel propose aux parents des situations qui permettront de voir les médias de manière constructive. Il met en avant des activités et des outils pour observer les médias, les comprendre et encourager l’intervention et la participation des enfants. La télévision peut être une source de connaissance et de découverte. L’ampleur du phénomène médiatique provoque des répercussions dans la vie individuelle et collective. Des activités sont proposées comme l’organisation d’une semaine consacrée aux médias ou encore la production d’un journal.

V) Manuel des relations éthiques avec les professionnels :

Ce manuel analyse les relations de réciprocité et de complémentarité entre les médias, l’école et le public. Différents acteurs sont mis en scène : professionnels, enseignants, société, institutions. Il met en avant la liberté d’expression et de communication, en passant en revue le principe d’auto-régulation.

VI) Manuel de maîtrise de l’Internet :

Ce manuel évoque l’Internet et la navigation sur les réseaux. L’Internet à une fonction d’interactivité, c’est-à-dire qu’il a un environnement interactif de communication et d’information par le biais de médias traditionnels, imprimés et audiovisuels. Il est vital de savoir récupérer l’information, la traiter, la produire et la diffuser. Il met en avant l’exploration en ligne et hors ligne.

VII) Foire aux questions et glossaire :

Une section “FAQ : Foire Aux Questions” et un “Glossaire raisonné de l’éducation aux médias” sont deux procédés de questionnement sur lesquels repose la méthode pédagogique utilisée tout au long du kit. Les réponses proposées n’ont rien de définitif, mais cherchent au contraire à ouvrir le débat et encourager le dialogue. Ce ne sont que des pistes pour poursuivre l’investigation en ligne et hors ligne, grâce aux nombreux documents, ressources et sites web référencés dans la dernière section.

Quels que soient le point de vue et la manière dont on l’aborde, le kit prend en compte les besoins d’acquisition des compétences nécessaires pour décrypter les différents genres de messages et d’informations ainsi que les enjeux de citoyenneté au-delà de l’école et de la famille. Ce qui importe c’est d’établir des liens entre les différents acteurs impliqués dans le processus de socialisation des jeunes aux médias. Dans la perspective du développement, donner des bases solides et durables pour une éducation aux médias large et systématique est un point fondamental pour répondre aux besoins actuels de partage des connaissances et de diversité culturelle dans les nouvelles sociétés du savoir.

@lucilecrey

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