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Blog collaboratif du M2 DSI de l'IUFM d'Aquitaine

Archives Mensuelles: novembre 2011

Un kit pour éduquer aux médias (UNESCO 2006)

L’éducation aux médias

Un kit à l’intention des enseignants, des élèves, des parents et des professionnels (UNESCO 2006).

       Divina Frau-Meigs propose ce kit pour qualifier à la fois les moyens d’éduquer aux médias et s’éduquer aux médias. Le kit est en grande partie le produit du projet MENTOR lancé par l’UNESCO avec le soutien de la Commission européenne.

Le kit propose un prototype de programme d’éducation aux médias pour la qualification de base des enseignants du secondaire, mais son approche modulaire et ses concepts-clé (productions, langages, représentations, publics) s’adressent également aux adultes hors système scolaire, aussi bien aux parents, aux professionnels des médias qu’aux décideurs. Le kit comprend des manuels à l’intention des enseignants, des élèves et des parents, ainsi qu’un manuel des relations éthiques avec les professionnels et un manuel de maîtrise de l’Internet.

Les objectifs de ce kit est de donner les bases solides et durables pour une éducation aux médias, de proposer des documents-cadres sous la formes de manuels, pour aider ceux qui veulent développer l’éducation aux médias. Il propose également d’aider à la formation en proposant des modules de formation initiale et de formation continue à l’intention des enseignants mais aussi en dehors de l’école. Le but étant de sensibiliser tous les acteurs au fait que l’éducation aux médias est un élément fondamentale d’une pédagogie de la démocratie qui permettrait à l’école de retrouver sa mission du citoyen sachant lire, écrire, compter et communiquer.

I) Le programme d’enseignement modulaire :

Le but est de créer un programme d’enseignement d’éducation aux médias que l’on puisse appliquer dans l’ensemble des pays d’une région. Ce programme peut être orienté sur deux niveaux : un niveau initial général qui examine les connaissances de base et les méthodes pédagogiques liées à l’éducation aux médias, et un niveau avancé qui associe l’éducation aux médias et ses stratégies pédagogiques dans des séquences de cours de disciplines.

Ce programme se base sur une série de six modules considérés comme le socle fondamental, chaque module exige un volume de 12 heures d’enseignement.

1) L’éducation aux médias dans les écoles :

Les élèves peuvent choisir leur discipline de spécialité au cours du secondaire, on constate une demande qui augmente pour les cours d’éducation aux médias. Cette spécialité porte sur l’ensemble des médias, et offre une expérience pour l’éducation aux médias. On considère encore dans certain établissements que les études sur l’éducation aux médias est une « option facile ».

Les enseignants se servent des médias comme outils d’ « auxiliaires pédagogiques », cela permet aux élèves d’adopter une attitude critique face aux médias, de les utiliser d’une manière plus informée. Ils permettent également aux élèves de travailler sous une nouvelle forme, c’est une «  nouvelle méthode d’apprentissage ». Cependant on ne doit pas confondre un enseignement qui étudie les médias et un enseignement sui fait usages des médias.

2) L’éducation aux médias et les TIC :

Il est impossible de proposer un enseignement sur les médias sans prendre en compte le rôle d’Internet. Il est de plus en plus facile d’avoir accès à la manipulation d’images numériques et au montage numérique. Les nouvelles technologies remettent en cause les limites du domaine des « médias » considéré comme discipline autonome du programme. Les cultures numériques constituent des sites d’apprentissages. L’usage des ordinateurs ou d’internet mobilise le processus d’apprentissage informel Les enfants apprennent a se servir des médias par essais, par erreurs, par exploration, par expérimentation ou par jeu. Les TIC remettent en cause les notions d’apprentissage et d’enseignement.

3) L’éducation aux médias hors écoles :

Le potentiel d’apprentissage montre un grand intérêt au delà de la salle de classe. Aux Etats-Unis, les ressources documentaires doivent être libres d’accès et mises à disposition des individus. Les centres de médias communautaires offrent la possibilité d’avoir un accès aux médias à ceux qui ne peuvent pas.

Il existe des documents qui sont destinés aux parents et qui leur prodiguent des conseils sur l’éducation aux médias. Des documents de vulgarisation sont également donnés aux parents ainsi que des stratégies pour que les enfants passent moins de temps devant la télé et pour leur apprendre à décrypter les messages publicitaires. Bien évidemment, toutes les initiatives pédagogiques à l’intention des parents se doivent de prendre en compte les différences culturelles.

4) Une stratégie de développement :

Toute intervention dans l’éducation aux médias doit prendre en compte les facteurs qui sont en jeu : il est nécessaire de disposer de documents-cadres clairs, cohérents et qui fassent autorité. On peut ajouter une présentation de documents plus spécifique qui expose la progression de l’apprentissage, des résultats sur celle-ci ainsi que des critères d’évaluations. Les documents-cadres sont sans valeur si du personnels formé n’est pas là pour les appliquer. Il est clair que les parents jouent un rôle essentiel. L’éducation aux médias consiste à mettre à disposition des élèves des équipements. Les documents pédagogiques peuvent avoir une certaine longévité s’ils sont faits avec soins et de manière professionnelle. Les enseignants et les parents doivent avoir la possibilité d’échanger des ressources, de partager des expériences et de collaborer entre eux.

II) Manuel à destination des enseignants :

Ce manuel explique en quoi consiste l’éducation aux médias, en retraçant l’évolution historique et en proposant une définition autour de quatre concept-clé qui la production, les langages, les représentations et les publics. Différentes approches pratiques et pédagogiques sont proposées afin d’encourager les élèves à se former un esprit critique et créatif.

Ce manuel est doté de trois sections : une première section pour présenter les raisons d’une introduction de l’éducation aux médias avec un historique, une deuxième pour définir l’éducation aux médias et enfin une troisième section pour présenter différentes approches pratiques dans l’enseignement et l’acquisition de connaissances concernant les médias.

III) Manuel à l’intention des élèves :

Ce manuel permet d’encourager les élèves à s’interroger sur les médias et à bien comprendre leur fonctionnement. Il propose une définition des médias ainsi qu’une définition de l’éducation aux médias. Ce manuel donne également des conseils pour en savoir plus sur les médias comme par exemple de lire les magasines spécialisés dans les médias ou encore d’aller sur internet pour découvrir des sites sur les médias.

IV) Manuel à l’intention des parents :

Ce manuel propose aux parents des situations qui permettront de voir les médias de manière constructive. Il met en avant des activités et des outils pour observer les médias, les comprendre et encourager l’intervention et la participation des enfants. La télévision peut être une source de connaissance et de découverte. L’ampleur du phénomène médiatique provoque des répercussions dans la vie individuelle et collective. Des activités sont proposées comme l’organisation d’une semaine consacrée aux médias ou encore la production d’un journal.

V) Manuel des relations éthiques avec les professionnels :

Ce manuel analyse les relations de réciprocité et de complémentarité entre les médias, l’école et le public. Différents acteurs sont mis en scène : professionnels, enseignants, société, institutions. Il met en avant la liberté d’expression et de communication, en passant en revue le principe d’auto-régulation.

VI) Manuel de maîtrise de l’Internet :

Ce manuel évoque l’Internet et la navigation sur les réseaux. L’Internet à une fonction d’interactivité, c’est-à-dire qu’il a un environnement interactif de communication et d’information par le biais de médias traditionnels, imprimés et audiovisuels. Il est vital de savoir récupérer l’information, la traiter, la produire et la diffuser. Il met en avant l’exploration en ligne et hors ligne.

VII) Foire aux questions et glossaire :

Une section “FAQ : Foire Aux Questions” et un “Glossaire raisonné de l’éducation aux médias” sont deux procédés de questionnement sur lesquels repose la méthode pédagogique utilisée tout au long du kit. Les réponses proposées n’ont rien de définitif, mais cherchent au contraire à ouvrir le débat et encourager le dialogue. Ce ne sont que des pistes pour poursuivre l’investigation en ligne et hors ligne, grâce aux nombreux documents, ressources et sites web référencés dans la dernière section.

Quels que soient le point de vue et la manière dont on l’aborde, le kit prend en compte les besoins d’acquisition des compétences nécessaires pour décrypter les différents genres de messages et d’informations ainsi que les enjeux de citoyenneté au-delà de l’école et de la famille. Ce qui importe c’est d’établir des liens entre les différents acteurs impliqués dans le processus de socialisation des jeunes aux médias. Dans la perspective du développement, donner des bases solides et durables pour une éducation aux médias large et systématique est un point fondamental pour répondre aux besoins actuels de partage des connaissances et de diversité culturelle dans les nouvelles sociétés du savoir.

@lucilecrey

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Où trouver des informations sur les serious game ?

Vous souhaitez être au courant de toutes les dernières nouveautés sur le thème des Serious Game ? J’ai pour vous la solution. Je vais vous présenter mes sites de références sur ce sujet.

Afin de pouvoir se renseigner régulièrement sur ce sujet, il existe, comme vous le savez certainement,  un certain nombre de sites ou de blogs particulièrement bien fait qui permettent une veille efficace sur le sujet. Il existe plusieurs moyens de se tenir rapidement au courant:  Les blogs ou les sites spécialisés ( certains sont plus ou moins actifs) ou encore  sur twitter où certains usagers font une veille particulièrement efficace.

Je vous dévoile donc mon top 5 des sites sur les Serious Game en français ainsi que les top 5 des meilleurs veilleurs sur twitter sur les Serious Game  ou jeux sérieux.

Mes 5 meilleurs sites ou blogs :

1. JeuxSerieux.fr: l’actualité du serious game

Créé par Succubus interactive, ce blog est vraiment complet. Il existe une rubrique actualités mais également études et enquêtes si vous souhaitez vous renseignez sur des sujets concernant les serious game et enfin une présentation des différents jeux sortis dernièrement avec les réactions ou les critiques. Pour moi,  c’est le meilleur site car il est très régulièrement mis à jour et la navigation est fluide et agréable. Voici le lien vers ce site: http://www.jeuxserieux.fr/

Et si vous souhaitez voir leurs réalisations ( ils ont eu le prix du meilleur Serious Game 2010) voici le lien vers leur site: http://www.succubus.fr/

Remarque: disponible aussi sur twitter @JeuxSerieuxFr

2. Serious Game & Jeux Serieux 

Ce site est une création du CERIMES  ( centre de ressources et de formations sur les multimédias  pour l’enseignement supérieur).  le design est plus sobre mais les informations sont tout aussi pertinentes. Le site est régulièrement mis à jour et entretenu et cela permet d’être au courant de toutes les actualités prépondérantes en ce qui concerne les Serious Game . Le dernier article du site nous présente le lauréat 2011 de  la Serious Game Expo qui s’est déroulé à Lyon  date du 23 novembre.  IL y a aussi des interviews  comme celle de Zoran Popovic.

voici donc le lien vers ce site :  http://www.jeux-serieux.fr/

3. Le blog SeriousGame .be

Ce site belge francophone présente un ensemble de Serious Game pouvant être utilisable en cadre scolaire.  Il a remporté le prix du meilleur blog francophone.

http://blog.seriousgame.be/

4.  Serious Game Classification 

« Ce système de classification collaborative dédiée au jeu vidéo est le fruit d’un travail d’un travail de recherche scientifique initié en 2006 par Julian Alvarez et Damien Djaouti, en association avec les chercheurs des laboratoires I.R.I.T. etL.A.R.A., des universités de Toulouse II et III, en France. » C’est ainsi que les concepteurs du projet présentent leur démarche.

C’est donc une classification de tous les Serious Game  avec une taxinomie spécifique: Les jeux sont triés en fonction de leur titre, de  leur année de création, de leur mode de fonctionnement , des intentions du jeu ( quel message veut-il faire passer? ou quel aptitude veut-il faire maitriser?),  les marchés visés et enfin les publics.

Ce site collaboratif par ailleurs, permet de connaitre l’étendu de l’offre en matière de jeux sérieux et de pouvoir y accéder.( les liens pour jouer sont disponibles).

voici le lien : http://serious.gameclassification.com/FR/index.html

à noter: ce site est disponible en français mais aussi en anglais.

5 . Blog Simlinx                  

Ce blog écrit par Stéphane de Buttet. Simlinx est une  agence française spécialisée en AMOA ( assistant en maîtrise d’ouvrage) et MOE ( maîtrise d’ouvrage) . Le blog est très complet  également et très régulièrement entretenu. Il est assez bien référencé dans les différents sites concernant les Serious Game .

http://news.simlinx.net/

L’agence est également visible sur twitter: @simlinx

Les veilleurs les plus actifs sur twitter en ce qui concerne les Serious Game ( #seriousgame):

  • @_almedia  The french game studio specialized in serious game, language learning software and social applications.
  • @thot Formation et culture numérique ( Canada ) vous pouvez aller voir leur excellent site  et notamment la page http://cursus.edu/sujet/12/education/liste-produits/7/simulateurs-jeux/
  • @KTMSales  ( profil de Pierre Roubin) Directeur commercial @KTMAdvance e-learning & Serious Game company. Based in Paris.
  • @3DDUO Studio de jeux vidéo cross-médias adaptés aux besoins des clients et au service du divertissement des joueurs
  • @jeromeleleu  Dirigeant Groupe Interaction – agence interactive (Webagency, Digital Santé & Serious Gaming

@melleBagieu

Harmonie entre école et télévision: mission impossible?

       Aujourd’hui, la télévision occupe une place non négligeable dans le quotidien de beaucoup d’enfants et un grand nombre de personnes s’interroge sur les effets éventuels de cette rencontre quasi quotidienne avec le petit écran. Certains chercheurs accusent ce média d’être la cause de nombreux maux ; d’autres au contraire considèrent que ses effets ne sont pas nuisibles. La télévision, et sa fréquentation par les enfants, entraîne chez eux de nombreux apprentissages dont certains concernent des domaines que l’école prend en charge.  Maguy Chailley analyse ce lien entre la télévision et les apprentissages scolaires http://www.cairn.info/revue-le-telemaque-2002-2-page-81.htm:  la télévision divertit, informe, éduque et stimule l’imagination chez l’enfant et reste inscrite dans une tension permanente entre deux pôles : la distraction et l’éducation. Pour que la télévision offre à l’enfant une dimension de connaissance et de formation, le rôle des parents et des professeurs est primordial pour assurer une médiation en modérant et en organisant l’utilisation de la télévision. Grâce à elle, l’ école offre des apprentissages qui sont présents dans différents champs disciplinaires. Quels usages peuvent en avoir les élèves et les enseignants en classe ? Quelles transformations ces apprentissages provenant de la télévision peuvent-ils connaître lors de leurs manifestations dans l’univers scolaire ?

      En 1979, l’opération JTA (Jeune Téléspectateur Actif) est lancée par le Ministère de l’Education National pour encourager les usages pédagogiques de la télévision. Par ailleurs, ce média a été introduit à l’école comme outil d’apprentissage et son usage pose des questions par rapport à certaines pratiques scolaires. Qu’il s’agisse de ce que l’on a appelé la « télévision scolaire », qui fournissait des émissions directement et explicitement corrélées aux programmes de l’école, ou qu’il s’agisse d’émissions « grand public » dont le thème et le traitement rendent possibles une utilisation en classe au profit de telle ou telle partie du programme (d’histoire, de géographie, de sciences, de littérature…), il convient de s’interroger sur la manière de s’en servir, les objectifs poursuivis, les apprentissages escomptés et ceux effectivement réalisés. Il s’agit pour l’enseignant de montrer à ses élèves des émissions en rapport avec les contenus d’enseignement de l’école. Certains contenus télévisés peuvent servir de support pour illustrer un cours. On parle alors de télévision éducative. Dans son livre Les enfants téléspectateurs, programmes, discours, représentations, Elisabeth Baton-Hervé explique que le concept de télévision éducative allie le langage spécifique de la télévision avec le contenu éducatif à véhiculer sachant que le but est d’informer, d’instruire et de développer les aptitudes des enfants. L’enseignant peut se servir des programmes proposés par le site.tv qui est un espace vidéo en ligne proposant des vidéos pédagogiques destinées aux établissements scolaires, aux enseignants, aux documentalistes, au personnel éducatif et aux élèves. Ce site sélectionne des extraits d’émissions grand public, par exemple sur la biographie d’Hitler, auquel il ajoute un livret contenant le découpage de la séquence choisie, le vocabulaire important à retenir sur cette émission et des exercices corrigés destinés aux élèves. L’extrait de l’émission a toujours un rapport avec le programme scolaire et le site.tv indique à quelles classes tel ou tel type d’émission est destiné. Par exemple, la biographie d’Hitler est destinée à des élèves de troisième et se rapporte au programme d’histoire tandis que l’extrait « A table ! Faune du désert » s’applique à des élèves de sixième et se rapporte au programme Science de la Vie et de la Terre.  L'espace vidéo des enseignants et des élèves

La télévision enrichit la palette de ressources documentaires imagées dont les enseignants se sont toujours entourés depuis le début de l’école obligatoire. L’élève apprend ainsi à traiter l’information différemment et à ne pas être passif devant la télévision. La réception des images est un processus actif. Les travaux de Serge Tisseron expliquent le rapport qu’entretient l’enfant avec l’image télévisuelle. On est là dans une perspective d’éducation civique : rendre le jeune téléspectateur actif et critique pour le préparer à son avenir de citoyen responsable. Dans son article  » De l’ éducation aux médias aux médiacultures: faire évoluer théories et pratiques« , disponible en ligne http://www.ina-sup.com/node/1579 , Geneviève Jacquinot explique bien que l’école doit aussi éduquer aux médias, l’élève doit apprendre comment devenir un « media-literate »[1].

            Il existe des émissions ayant pour point de départ un livre, un roman ou un album. Il peut s’agir d’un roman classique, comme L’île au trésor ou Les Quatre filles du docteur March ou encore Orgueil et Préjugés. Dans ces cas d’œuvres où le récit écrit occupe une très large place, la mise en image va forcément traduire la vision du réalisateur avec tout ce que cela va entraîner de différences par rapport à ce qu’un autre lecteur aurait pu visualiser à la lecture du texte écrit. Pourquoi travailler en classe sur ce genre d’émission ?[2]  Cela permet de montrer aux élèves les liens entre les œuvres de la télévision  et les œuvres écrites . Ce travail peut inciter les élèves à lire davantage. Pour les élèves qui ont du mal à entrer dans la lecture d’un récit nouveau, le visionnement préalable de l’histoire aide à surmonter des difficultés propres à l’entrée dans n’importe quel récit écrit : le repérage des personnages principaux, l’anticipation sur le type d’événement susceptible de se produire, la prise en compte du contexte, et tout simplement la production d’images mentales à partir de la lecture du texte. Bien sûr, l’enseignant peut choisir un film qui respecte l’idée de l’auteur du livre et rappeler les différences que l’histoire peut comporter. L’enseignant peut aussi relever les cas d’intertextualité explicites ou implicites qui peuvent être présents dans un film.

       Certaines émissions se centrent sur la lecture. C’est le cas de Lire, lire, lire, Bouquin-Copain ou Ascenseur pour l’aventure. Utiliser à l’école ces émissions sur le livre et la lecture permet de les faire connaître aux enfants, qui les ignorent assez souvent. Ces émissions créent un lien entre télévision et promotion du livre. Par exemple, le schéma narratif classique d’un récit policier est souvent le même dans un film et dans un livre : Situation initiale- Enigme- Enquête- Examen des indices- Elaboration d’hypothèses- Vérification de ces hypothèses- Elucidation de l’énigme. A l’école, l’élève peut apprendre à analyser la structure et le fonctionnement de l’émission ainsi que les informations qu’elle fournit sur l’univers du livre. Il peut aussi apprendre à comparer les livres eux-mêmes et la présentation qui en est faite à l’écran. L’émission peut servir de référence à des activités autour des livres. Accéder à un récit peut se faire avec différentes modalités de mise en forme dont il convient de repérer la spécificité. Avec une émission télévisée, les images sont animées, fugitives, vues successivement. La présence de l’écrit est remplacée par des voix off ou des dialogues. Dans un livre, le mouvement et le son sont suggérés, tandis que dans une émission, ils sont montrés.

       Ainsi, lire, c’est produire des images correspondant aux mots et aux phrases lues, des images puisées dans notre mémoire, elle-même alimentée par ce que nous percevons. Lire, c’est savoir repérer l’intrigue principale d’un récit sous la diversité éventuelle de ses mises en forme, comme un récit filmique. Certains contenus télévisés peuvent être utilisés à des fins éducatives au sein de l’école. Education et communication deviennent alors indissociables. Le professeur fait le lien entre le programme scolaire et la télévision éducative, il devient un médiateur qui guide le dialogue des élèves.


[1] « est media-literate tout individu capable d’exercer des choix et d’évaluer les raisons de ses choix ; qui peut se protéger lui-même ainsi que sa famille des contenus indésirables ; et qui a acquis les savoirs et savoir-faire lui permettant de se servir lui-même des médias comme citoyen responsable et de participer pleinement à la vie sociale ».

[2] VANOYE, Francis, Récit écrit, récit filmique, Paris, Armand Colin, 2005

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