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Blog collaboratif du M2 DSI de l'IUFM d'Aquitaine

Archives Mensuelles: juillet 2011

Anonymat vs Google+

Depuis quelques jours on remarque sur la toile de nombreux articles sur le récent réseau social de Google. En effet, le géant du web a ce week-end suspendu  de nombreux comptes Google+  au motif que les utilisateurs n’avaient pas affichés leurs véritables noms et prénoms mais un pseudonyme. Cette action a été suivie de nombreuses protestations puisqu’elle a été effectuée sans aucun avertissement.Toutefois, les responsables de Google+ ont admis que ces suspensions brutales étaient une erreur et que désormais les comptes utilisant des pseudonymes seraient prévenus avant suppression.

Avec cette affaire, Google+ relance le débat concernant l’anonymat sur Internet et plus largement celui sur l’identité numérique. Facebook qui possède lui aussi une telle politique (imposant à l’utilisateur de s’inscrire d’abord avec son vrai nom pour ensuite le transformer en pseudonyme s’il le souhaite), avait déjà soulevé les mêmes questions. Selon un article du Monde, Google+ revendique son choix d’interdire les pseudonymes pour garantir aux utilisateurs des échanges en toute transparence et éviter les spams et autres discours inopportuns.

Toutefois, du côté des utilisateurs ce discours ne semble pas convaincre et ce qui marque le plus c’est leur revendication au droit à l’anonymat sur Internet.Dans les billets d’humeur que j’ai pu lire sur la toile, certains regrettent cette politique et sont inquiets du recueil de données personnelles qu’effectuent les réseaux sociaux. D’autres remettent en cause l’argument de Google+ qui affirme proposer un réseau social fonctionnant comme dans la vraie vie, en rétorquant qu’en real life on ne se promène pas avec sont nom et sont prénom écrit sur le front!

Mais il faut être réaliste la question de l’anonymat peut vite tourner à la paranoïa pour certains. Malgré tout, la présence de telles revendications sur la toile montrent que c’est une question omniprésente porteuse de nombreux enjeux. Bien sur, il existe un juste milieux entre l’anonymat et l’hyper exposition sur Internet. Comme nous l’avons déjà évoqué dans des billets précédents, une identité numérique bien maîtrisée devrait suffire et éviter l’anonymat qui reste très difficile d’accès.

Toutefois ce qui reste gênant dans ce nouveaux service de Google+ c’est de ne pas avoir le choix d’afficher ou non sa véritable identité. Je pense que c’est dans le choix que réside tout le problème et que des firmes, comme Google, y soient sourde reste dommage.

Pour plus d’information sur la place de l’anonymat aujourd’hui sur le web voir cet article très intéressant: Qu’elle est la place de l’anonymat dans le web aujourd’hui? de Pullseo.

Idril3

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Compte-rendu de la rencontre scientifique du 22 juin – Humanités digitales à Bordeaux.

Le 22 juin 2011, dans les locaux de Cap Sciences à Bordeaux se tenait toute la journée une rencontre scientifique sur le thème des Humanités digitales, plus précisément intitulée « les parcours de la recherche dans les communautés virtuelles ». Elle était organisée dans le cadre du projet de création d’un institut des Humanités Digitales de Bordeaux (IHDB), de l’initiative d’excellence de l’université de Bordeaux (IdEx) et du schéma directeur pour l’Université Numérique d’Aquitaine (UNA), comme l’ont précisé Valérie Carayol, Hélène Jacquet et Didier Paquelin lors de la présentation du colloque.

Cette journée poursuivait plusieurs objectifs :

  • débattre de l’intérêt de la mise en place d’un réseau social pour les chercheurs en SHS.
  • voir quels types de réseaux sont déjà instaurés dans les communautés de chercheurs et les laboratoires.
  • voir quel est leur fonctionnement et s’ils sont efficaces.

Olivier Dupouët, lors d’une première intervention, a mis l’accent sur le rôle des communautés (pas uniquement virtuelles) dans les entreprises. Certaines sont orientées exploitation (bonnes pratiques, amélioration des savoir-faire, fiches techniques, diffusion vers les pairs …), d’autres sont orientées exploration (veille technologique, questionnement sur le métier, diffusion verticale vers les instances décisionnaires …). Les individus adhèrent à ces communautés en fonction de leurs besoins. Créées par des initiatives individuelles, ces communautés sont des sources d’opportunités pour les décideurs et contribuent au développement des connaissances au sein de l’entreprise.

Cécile Gardies et Isabelle Fabre ont ensuite présenté leurs travaux sur le partage de l’information dans les communautés de chercheurs. L’information répond à deux besoins différents : elle est un aliment de la recherche, ou bien elle permet de valoriser des travaux scientifiques. A la suite d’entretiens menés auprès des enseignants-chercheurs, il ressort une méconnaissance globale sur le plan des archives ouvertes et du partage de l’information, c’est pour eux un paysage relativement flou. La demande de formation est forte et la question de la médiation et de l’accompagnement des utilisateurs se pose avec acuité. On relève aussi une grande différence dans le traitement des métadonnées entre les différentes archives ouvertes, ce qui est pourtant aujourd’hui un enjeu majeur. Il y a une démarche très individuelle, presque « secrète » dans la recherche d’information de la part des chercheurs.

Pour Bernard Claverie et Jean-Philippe Domenger, qui nous ont présenté quelques exemples d’outils créés par les scientifiques des « sciences dures » pour faciliter la recherche en SHS, « la science des uns est l’outil des autres ». Nous avons ainsi pu voir des exemples de « graph », qui est un outil de données statistiques (fouille de données interactives), d’imagerie terahertz, d’outils de comparaison, de recherche dans les vidéos, d’indexation et de structuration des documents anciens, ainsi que de la « paléopathologie 3D ». Ces outils permettent la recherche pluridisciplinaire et proposent de nouveaux moyens d’interagir pour résoudre les problèmes qui sont posés aux chercheurs en SHS (ici les exemples étaient surtout archéologiques). Il a également été souligné la nécessité de prendre en compte les contraintes cognitives et les pratiques des usagers. Les ingénieurs ont un rôle « d’interfaceurs ».

Stéphane Brunel a ensuite abordé la thématique de l’ingénierie et de la conception de produits. Concevoir des produits, c’est en même temps apprendre à les concevoir : un produit génère de la connaissance lors de sa conception. Il faut prendre en compte trois environnements différents lors de la conception d’un artefact : le social et le culturel, le symbolique et le sémantique et enfin l’objectal (la façon dont l’objet va être manipulé).

Annie Cheneau-Loquay nous a présenté l’histoire de deux réseaux de chercheurs : Africanti (réseau informel) et Gdri Netsuds (réseau institutionnel). Le réseau Africanti, construit sur des relations interpersonnelles, est un observatoire de l’insertion et de l’impact des TIC en Afrique créé en 1998 et refondu en 2006. Se présentant comme un site de ressources en ligne, son fonctionnement essentiel reposait sur les listes de discussion. Une rencontre entre les chercheurs était organisée une fois par an. Ce réseau a connu un grand succès. En revanche, la structure Netsuds, très lourde (1 an et demi de montage) et contraignante pour les chercheurs, n’a pas très bien fonctionné. Les conditions de diffusion et d’appropriation d’un réseau tiennent à des facteurs humains, la motivation des acteurs a une grande importance. L’animation de réseaux tels que ceux-ci se révèle également très chronophage.

Alexandre Geffen, créateur de fabula.org, a présenté le fonctionnement de son site, créé il y a 13 ans avec d’autres doctorants. Il y a aujourd’hui 400 000 visiteurs par mois sur le site, qui est géré par une équipe de 13 personnes. Le site s’occupe d’un champ scientifique unique : la recherche en littérature et repose sur un mode de fonctionnement bénévole, bien qu’il soit institutionnalisé (soutien de l’ENS et du TGE Adonis). Ce site a permis aux rédacteurs d’obtenir des postes dans des universités par la suite. Il y a un lien profond entre les littéraires et internet, qui fait aujourd’hui partie d’une certaine culture de l’écrit.

Enfin, une table ronde a clôturé cette rencontre riche en échanges et en découvertes. Un grand merci à tous les organisateurs, intervenants et participants de cette journée et en particulier à Franc Morandi, qui m’a permis d’y assister.

DocDryade.

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